Un exemple de carte animée

La solution finale

Cette carte fait partie d'un ensemble de 15 cartes animées portant sur La Seconde Guerre mondiale 1939-1945


L’antisémitisme d’Hitler et de son régime se radicalise au cours de la Seconde Guerre mondiale et, dans la terminologie nazie, le mot Entfernung  (éloignement) qui désigne le projet d’expulser les populations juives est remplacé par le mot Endlösung (solution finale).

L’occupation qui suit l’invasion de la Pologne au mois de septembre 1939 est d’une extrême brutalité : les élites polonaises sont massacrées de façon planifiée et les communautés juives sont progressivement confinées dans des ghettos.

Le premier est créé à Piotrkow dès le moi d’octobre 1939, puis leur nombre se multiplie rapidement.

Les plus grands sont créés à Lodz et Varsovie dans le courant de l’année 1940, puis à Cracovie et Lublin au début de l’année 1941.

A l’intérieur de ces ghettos polonais sont également confinés des dizaines de milliers de Juifs déportés depuis la partie ouest du Grand Reich.

Rapidement, surpopulation et faiblesse des rations alimentaires provoquent une mortalité considérable.

Les exactions s’aggravent encore lors de l’invasion de l’URSS en juin 1941. L’armée allemande est suivie dans sa progression par les Einzsatzgruppen, des unités mobiles chargées  d’éliminer ceux que le régime nazi qualifie « d’agents du judéo-bolchevisme » c'est-à-dire les cadres du parti communiste, les résistants et les Juifs.

Dans le courant de l’été ordre est donné par les chefs nazis d’exécuter également les femmes et les enfants. Les massacres, parfois perpétrés avec la participation des populations locales, prennent une dimension génocidaire et certains font localement plus de 10.000 victimes.

Cette radicalisation s’observe, par exemple, dans la région de Zhitomir.

- 3000 Juifs y sont assassinés en juillet 1941,

- environ 10 000 durant le mois août

- et de l’ordre de 27 000 dans les 20 premiers jours de septembre.

Tout au long de l’Automne 1941, les massacres de grande ampleur se multiplient en suivant la progression des armées allemandes :

-  les 29 et 30 septembre, quelques jours après la prise Kiev, 34.000 Juifs sont abattus dans le ravin de Babi Yar en bordure de la ville.  

-  dans la deuxième quinzaine d’octobre les troupes roumaines qui participent à l’offensive aux côtés des Allemands massacrent plus de 20.000 Juifs à Odessa.

-  entre novembre et décembre, en Crimée, plus de 17.000 Juifs sont tués.

A la fin de l’année 1941, Karl Jäger qui commande une unité de l’Einsatzgruppe A peut annoncer que le problème juif est « réglé » en Lituanie et adresse à Berlin la macabre comptabilité de 5 mois de massacres soit 137 346 victimes.

Le  20 janvier 1942, une réunion de responsables nazis consacrée à « la solution finale de la question juive » se tient à Wannsee dans la banlieue de Berlin.

Le compte rendu de cette réunion  atteste, qu’à cette date, le projet d’Hitler et de son entourage est d’exterminer la totalité  des Juifs et des Tziganes d’Europe dont ils estiment le nombre à 11 millions de personnes.

Tandis que dans les territoires de l’URSS les tueries redoublent, les autorités allemandes entreprennent d’organiser, de façon industrielle, dans des camps d’extermination, l’assassinat des Juifs d’Europe de l’Ouest et des ghettos polonais.

Ces camps, dans lesquels la quasi-totalité des déportés sont gazés dès leur arrivée, sont situés le long de lignes de chemin de fer à proximité des grands ghettos :

-Treblinka, Sobibor, Majdanek et Belzec dans le Gouvernement général de Pologne.

-Chelmno et Auschwitz Birkenau, le plus grand d’entre eux, dans la Pologne annexée.

A Auschwitz les premières victimes des opérations massives de gazage sont les Juifs de Slovaquie, au mois de mai 1942.

Puis, pendant plus de deux ans, des convois de déportés, en provenance de la plus grande partie de l’Europe vont inlassablement s’y succéder :

Au mois de juin partent les quatre premiers trains depuis Paris.

Au mois de juillet, les 7 premiers depuis les Pays Bas où les arrestations massives des Juifs viennent de commencer.

Au mois d’août s’ajoutent des convois en provenance de la Belgique, du Luxembourg et de Zagreb, d’où plusieurs milliers de Juifs croates sont déportés.

Dans le courant de l’automne deux convois conduisent également à Auschwitz quelques centaines de Juifs Norvégiens qui n’ont pas pu se réfugier à temps en Suède.

Au mois de janvier 43 de nombreux convois partent du ghetto de Theresienstadt, de Berlin et des Pays-Bas.

Au printemps, débute la déportation des Juifs de Salonique. Près de 45.000 membres de cette communauté, dont l’existence remonte à l’antiquité, périssent dans les chambres à gaz d’Auschwitz.

Au mois de septembre 43, les troupes allemandes occupent le nord de l’Italie qui vient de capituler face aux Alliés. Immédiatement des rafles sont organisées et  près de 8.000 Juifs italiens sont déportés à Auschwitz au cours des mois d’octobre et de novembre.  

Au début de l’année 1944 les déportations se poursuivent depuis les Pays Bas, la France, l’Italie.

En mars de nouvelles rafles sont organisées en Grèce et prés de 6.500 Juifs sont déportés depuis Athènes.

A la même époque, les troupes allemandes occupent la Hongrie. Les populations juives jusque là protégées par leur gouvernement sont immédiatement regroupées à l’intérieur de ghettos ou de camps spéciaux.

Les déportations vers Auschwitz commencent le 15 mai 1944. En moins de deux mois  plus de 430.000 Juifs sont déportés avant que le gouvernement bulgare décide d’interrompre l’organisation des convois.

En dépit de l’avancée de l’armée rouge à l’est et des Alliés à l’ouest, les Allemands continuent d’organiser des déportations distantes vers Auschwitz  pendant l’été 44 : depuis Rhodes au mois de juillet, depuis l’Italie et la France au mois d’août, depuis les Pays-Bas ou Theresienstadt au mois de septembre.  

Les installations d’extermination d’Auschwitz sont détruites par les Allemands, en novembre 1944 pour effacer les traces du génocide.

Le recensement exhaustif des victimes de tous ces massacres est chose impossible. Les différentes évaluations faites par les historiens situent entre 5 et 6 millions le nombre de Juifs européens assassinés entre septembre 1939 et mai 1945 dont trois millions en Pologne et un million en URSS.