Cette carte fait partie d’un ensemble de 16 cartes animées

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L’Europe au lendemain de la guerre

Cette carte fait partie d’un ensemble de 16 cartes animées portant sur L'Europe et les Nations depuis 1945


La capitulation de l’Allemagne, le 8 mai 1945, marque la fin de la Deuxième Guerre mondiale en Europe et consacre la victoire des Alliés emmenés par les États-Unis, l’URSS et la Grande-Bretagne.

Le traumatisme est considérable ; l’Europe est détruite et déplore plus de trente millions de morts dont près de six millions de juifs victimes du génocide orchestré par les nazis. Aussi cherche-t-on à fonder, politiquement et moralement, un monde nouveau ; en juin 1945, la Charte de l’ONU est adoptée à la conférence de San Francisco, puis au cours du procès de Nuremberg les dirigeants nazis, reconnus coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, sont condamnés.

Les décisions d’ordre territorial sont prises par les puissances victorieuses, au cours de plusieurs conférences, notamment à Yalta, en février 1945, et à Potsdam, en juillet-août de la même année.

- L’Allemagne vaincue est occupée et perd sa souveraineté. Son territoire est sensiblement restreint, particulièrement dans sa partie orientale désormais délimitée par la ligne Oder-Neisse. L’Autriche, séparée de l’Allemagne, est également occupée.

- L’Union soviétique met à profit son rôle dans la victoire pour s’étendre à l’ouest : les Pays baltes disparaissent, tandis que la Pologne est reconstituée mais à l’intérieur d’un territoire sensiblement décalé vers l’ouest par rapport à la situation d’avant-guerre.

- La Tchécoslovaquie et la Yougoslavie sont également reconstituées. La première amputée de la Ruthénie subcarpatique et la seconde agrandie de l’Istrie.

- La Hongrie est ramenée dans ses frontières d’avant 1938.

- La Bulgarie s’agrandit de la Dobroudja du Sud au détriment de la Roumanie

- L’Italie a perdu l’Istrie et doit renoncer à ses conquêtes en Albanie et en Grèce.

- La France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Norvège sont rétablis dans leurs frontières d’avant-guerre. 

À la différence de la situation qui a prévalu lors des traités de 1919-1920, ce nouveau dessin des frontières s’accompagne de transferts de populations afin de parer au problème des minorités nationales.

Plusieurs millions d’Allemands sont ainsi déplacés, en provenance de Silésie, de Prusse orientale ou de Poméranie devenues polonaises, mais aussi de Bohême, et de divers pays d’Europe centrale.

Un million et demi de Polonais sont transférés, des territoires devenus soviétiques à l’est, vers les nouveaux territoires de l’ouest abandonnés par les populations allemandes.

Des Hongrois quittent la Yougoslavie ou la Tchécoslovaquie pour la Hongrie.

Des Italiens quittent l’Istrie.

En dépit de ces déplacements, toutes les questions de nationalités ne sont pas résolues. La Yougoslavie et surtout la Roumanie comptent encore de fortes minorités hongroises, tandis que diverses minorités restent présentes à l’intérieur du territoire de l’URSS.

Le redécoupage du continent s’accompagne de l’organisation d’élections dans les pays libérés, conformément aux décisions prises lors de la conférence de Yalta. Pourtant, cette renaissance de la démocratie est fragile : à l’ouest, des dictatures d’extrême droite se maintiennent en Espagne et au Portugal, tandis qu’à l’est, dans les pays sous influence soviétique, les règles démocratiques sont vite bafouées.

Sortis très affaiblis du conflit, les pays européens deviennent des puissances moyennes alors que les États-Unis et l’URSS sont élevés au rang de superpuissances. Très vite, les premières tensions entre les deux Grands se font jour.